Thierry Goemans est consultant et formateur indépendant en gestion des organisations; il dirige Adjuvamus et Formation-Compta-Tout-pour-Entreprendre.

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Mot-clé - fonds propres

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mercredi, 13 juin 2012

Savoir « lire un bilan » - un must pour l’entrepreneur

L’analyse de l’évolution de la structure d’un bilan de société permet d’en apprendre beaucoup sur la santé d’une entreprise et sur la stratégie qui y est mise en œuvre.

Pourtant j’aurais pu titrer VOULOIR « lire un bilan ». J’entre assez souvent en débat avec des dirigeants de startup, tout légitimement concentrés sur des préoccupations vitales et légitimes : vendre et encaisser. Leur parler « bilan » ou pire « fonds propres » est assurément l’assurance de faire un bide.
lire-un-bilan-comptable

Et pourtant, comme Monsieur Jourdain fait de la prose sans le savoir, « mes entrepreneurs » gèrent la structure de leur bilan, dès qu’ils cherchent des ressources à employer dans leurs activités. Alors je persévère, avec un second plaidoyer consacré au bilan. Dans un premier article, paru ici-même, je donnais des notions fondamentales concernant le bilan comptable des sociétés.

Pour qu’une société s’enrichisse, il faut qu’elle ait des activités commerciales, industrielles ou de services qui procurent des bénéfices. C’est le report de bénéfices dans le bilan, et rien d’autre, qui permet de constater une réelle création de valeur, et donc l’augmentation du patrimoine de l’entreprise.

Comprendre les facteurs de variation du patrimoine est fondamental. L’augmentation patrimoniale d’une société consécutive à des apports extérieurs à l’entreprise, plutôt qu’à des bénéfices d’exploitation ne conduit pas aux mêmes conclusions. Les apports n’enrichissent pas la société. Ils constituent des ressources, certes indispensables mais qui n’auront de valeur que si leur emploi, ultérieur, conduit à des profits d’exploitation.

Dans une vie d’entrepreneur, savoir « lire un bilan » d’un œil critique est un must. On vient de le dire, le patrimoine d’une société peut grandir de manière non proportionnelle au résultat d’exploitation, voire sans qu’aucun résultat bénéficiaire n’ait été constaté.

De surcroît, les apporteurs de ressources, qui garnissent le Passif (vilain terme péjoratif, pas par hasard !) sont des obligés. Concrètement, en cas d’arrêt d’activité de l’entreprise à un instant « t », le fruit de la liquidation des éléments d’Actif de la société sert à rembourser les contributeurs extérieurs. Si leurs ressources ont généré des profits, il y a un boni ; si au contraire l’emploi des ressources exogènes n’a pas permis de dégager de bénéfices, la société ne peut faire face à tous ses engagements et les apporteurs ne récupèrent pas leur mise.

La plupart des entrepreneurs n’envisage pas cette hypothèse –théorique- d’une cessation d’activité, entraînant le remboursement des engagements de leur société. Je leur donne 100% raison, la foi entrepreneuriale est nécessaire (contrairement à la comptabilité, la foi ne doit pas faire l’objet d’une justification ;) ).

La plupart des entrepreneurs n’envisage pas que le capital-risqueur, les fournisseurs, les banquiers, les fonds de subventions, les agents du fisc, ceux de l’URSSAF, leurs conjoint(e) ou leurs parents (love-money) se liguent contre eux pour envisager cette hypothèse –théorique- d’une cessation d’activité, avec un intérêt proportionnel aux risques qu’ils courent. Cette engeance disparate, appréhende, sans leçon de comptabilité, la différence entre Actif et Passif, ressource et emploi des ressources.

Redevenons pratique : Sont repérables, plus ou moins facilement, parmi les ressources classiques, qui créent des engagements à charge de la société :

  • L’exploitant ou les actionnaires qui apportent de l’argent frais (ou des biens leur appartenant) à l’entreprise,
  • Les fournisseurs dès qu'ils font crédit (c’est un apport provisoire, mais un apport quand-même),
  • Les subventions remboursables,
  • Les crédits d’impôts
  • Les prêts accordés par des établissements de crédits

Dans un bilan, tout se tient. Des exemples d'interprétation pour bien finir : un appel massif à de nouvelles ressources externes, rendu obligatoire par une chute des bénéfices, est un cas bien différent d’un appel à ressources externes dans le contexte de bénéfices qui se tiennent mais avec le constat d’investissements important, efforts consenti dans une entreprise qui a le vent en poupe.

Cet article fait suite à « le bilan comptable, qu’est-ce donc ?» et « le compte de résultat, qu’est-ce donc ?»

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