Thierry Goemans est consultant et formateur indépendant en gestion des organisations; il dirige Adjuvamus et Formation-Compta-Tout-pour-Entreprendre.

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Mot-clé - crédit aux entreprises

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vendredi, 23 janvier 2015

Le crédit bancaire court terme pour votre entreprise


Pour les TPE, pas d'autres solutions que de se tourner vers une banque pour financer leur besoin de trésorerie à court terme. Or les banquiers préfèrent financer des investissements plutôt que le cycle d'exploitation. BPIFrance a ouvert un fonds de garantie pour concourir au financement des petites entreprises touchées par la crise. Profitons-en pour faire un point sur les formules courantes de concours bancaires court terme qui permettent de couvrir le besoin en fonds de roulement.


Depuis le 1er janvier 2015, BPIFrance, dont le rôle est de soutenir le crédit aux entreprises a ouvert un fonds de garantie de 500 millons d'euros.
10000 petites entreprises pourront bénéficier de la garantie de cet organisme public, qui se portera caution pour elles, auprès de la banque privée prêteuse à concurrence de 50 000 euros par dossier.
C'est une bonne nouvelle car les petites entreprises, et les entreprises artisanales en particulier, ont vu leur trésorerie malmenée par la crise économique qui les a particulièrement touché en 2014... avec pour conséquence que les banquiers sont devenus particulièrement frileux.
Selon les données de l'Observatoire du Crédit, dès lors qu'une entreprise avait des difficultés pour financer son besoin de trésorerie court-terme, les banquiers ne se sont pas empressés de voler à son secours. C'est que pour la banque, financer un investissement dans des biens durables (matériel, immeubles) présente moins de risque que de financer les dépenses quotidiennes d'une entreprise qui souffre.

Vous serez peut-être parmi ceux dont l'entreprise saura profiter de l'initiative publique en faveur du crédit aux petites entreprises, en montant un dossier d'emprunt bancaire précis et motivé.

Nous vous rappelons maintenant les formules de crédit court terme proposées par les banques pour le financement des besoins de trésorerie courants des TPE. Votre conseiller bancaire professionnel sera l'interlocuteur délégué par BPIFrance pour engager sa garantie au profit de votre entreprise.
Si vous avez soigné votre relation avec lui, c'est tant mieux, car il joue le rôle de filtre.

 

 

Les crédits de trésorerie:

 

 

  1. facilités de caisse
  2. découverts autorisés
  3. billets de trésorerie / crédits de campagne
  4. accords tacites
  5. découverts non autorisés

Parmi ces 5 formes de crédits, qui toutes conduisent votre entreprise à évoluer avec un solde négatif sur son compte bancaire, les 3 premières sont acceptables. Quant aux accords tacites et aux découverts non autorisés, ils sont à éviter. Ces deux dernières formules résultent d'un découvert bancaire qui n'a pas fait l'objet d'une négociation avec le banquier. Utiliser l'argent de votre banque hors du cadre de toute convention explicite va forcément coûter plus cher que si le besoin a été anticipé et que vous avez l'accord signé du banquier sur le montant, la durée et le coût du découvert.
Pire encore: dans le cas d'accords tacites et de découverts non autorisés, le banquier "peut fermer le robinet" à sa guise, puisqu'il ne vous à rien promis.
Le découverts non négociés sont toujours le signe d'un manque de prévoyance de l'entrepreneur et parfois d'un désintérêt du banquier pour un dossier.
Dans tous les cas, c'est l'entreprise qui est perdante.

Si vous avez besoin de recourir au crédit bancaire court terme, privilégiez les facilités négociées ou les prêts à remboursement échéancé.
Ces formules sont les moins chères et leur mise en place renforce la crédibilité de l'entrepreneur qui a su anticiper et chercher des solutions en dialoguant avec son banquier.

Les crédits de mobilisation de créances:

  1. l’escompte,
  2. la mobilisation Dailly
  3. l’affacturage

La mobilisation de créances fait partie des crédits bancaires négociés et contractuels. Il s'agit, dans les 3 cas, d'encaisser de suite le montant des factures de ventes émises, sans attendre le paiement par le client, à l'échéance. Dans les faits, le banquier avance l'argent à votre entreprise, sous déduction d'une commission.

S'agissant de formules négociées, ces formes de crédit sont en soi des réponses acceptables aux besoin de financement court terme.
Leur mise en oeuvre demande cependant quelques compétences en technique comptable, pour l'entreprise. La gestion de l'affacturage, par exemple, peut représenter un challenge compliqué pour les petites entreprises, qui n'ont pas de responsable comptable confirmé et aguerri en interne.
Sans oublier que les seules créances qui peuvent faire l'objet d'une mobilisation sont celles facturées à une clientèle professionnelle et que la situation se tend, dès lors que les clients cédés aux banquiers ne respectent pas les échéances de paiement prévues. La banque ne vous fera pas cadeau de ce retard.

mardi, 11 mars 2014

Quelles sources de financement pour les entreprises en 2014 ?

sources de financement des entreprises Quels sont les possibilités offertes aux TPE PME qui cherchent des ressources pour financer leur cycle d’exploitation ou leur développement ? Du crédit bancaire au business angels, en passant par l’affacturage, voici les pistes à étudier par les dirigeants d’entreprise.

Le crédit bancaire aux entreprises

Le prêt bancaire aux professionnels est la source de financement classique. Le credit-crunch que l’on connaît depuis 2008 se traduit par une certaine frilosité des banquiers, qui préfèrent souvent accorder leur concours aux entreprises sous d’autres formes, plus en phase avec leurs contraintes actuelles de maîtrise des risques. Obtenir un prêt bancaire classique nécessite de présenter un dossier convaincant au banquier ; ce dernier étudiera votre business plan pour vérifier que « son » argent servira bien de levier à une opération rentable pour votre entreprise, qui lui permettra de récupérer ses fonds, intérêts et capital. Inutile de dire qu’un entrepreneur avisé saura se documenter sur les taux et conditions en vigueur chez son banquier et à la concurrence. Outre qu’il va de soi de ne pas se faire berner sur les conditions du prêt, un chef d’entreprise mal préparé à négocier pourrait faire surgir un doute sur ses compétences de gestion, chez le banquier.

Le prêt participatif

Cet instrument de prêt à moyen ou long terme, réservé aux entreprises en croissance, permet le financement de projets de développement. Un prêt participatif est considéré comme quasi fonds-propres : contrairement à un crédit bancaire classique, le prêt participatif n’entre pas dans l’endettement de l’entreprise, qui garde sa capacité de recours à d’autres formes de crédit. Les prêts participatifs ne sont pas conditionnés par la constitution de cautions, mais ils restent plus chers qu’un crédit bancaire classique. Les entreprises qui y recourent y trouvent cependant une opportunité de financement de leur développement en évitant de devoir ouvrir le capital.

BpiFrance et d’autres opérateurs semi-publics sont les interlocuteurs des entreprises désireuses de souscrire un prêt participatif.

Le crowdfunding ou financement participatif

Ce type de financement repose sur la sollicitation d’un grand nombre de personnes. Les start-ups et TPE peuvent tenter de toucher un grand nombre de personnes au portefeuille après les avoir convaincu de la pertinence des projets à financer. Le financement participatif est un mode de financement qui s’est développé parallèlement à l’essor d’internet, qui permet un effet de masse pour des coûts très raisonables.

L'affacturage

Cette méthode, autrefois réservée aux grands-comptes, consiste à vendre les créances de ses clients, à une société de factoring, qui les lui payera comptant, avant de recouvrer les sommes dues par l’acheteur, à l’échéance. L’affacturage permet au cédant de mobiliser directement le montant des factures émises, sans attendre le règlement de son client. Naturellement, le factor se rémunère par des commissions sur le volume de fonds avancés. Des fonds de garanties ou la constitution de fonds de réserves peuvent aussi être exigés, pour couvrir les aléas liés au recouvrement des créances, à l’échéances.
Les principales banques ont des filiales dédiées à l’activité affacturage. Elles encouragent cette alternative à d’autres formes de concours bancaires.
L’entreprise qui cède ses créances doit s’organiser en conséquence et vérifier que ses clients ne prendront pas ombrage de ce procédé. Il arrive que le recours au factoring nuise à la réputation de l’entreprise cédante, car ce mode de financement est parfois associé, à tort, comme celui utilisé par une entreprise en difficulté.

Le renforcement des fonds propres

Soit les sommes mises et laissées à disposition de l’entreprise par ses associés. Les bénéfices qui ne sont pas distribués peuvent être réinvestis. L’augmentation des fonds propres peut aussi passer par une augmentation du capital. Les associés actuels rajoutent des fonds ou de nouveaux actionnaires mettent de l’argent à disposition de l’entreprise, en échange d’actions ou parts sociales. L’augmentation du capital par les actionnaires historiques est un signal fort de leur implication et de leur foi dans le modèle économique de l’entreprise. L’arrivée de nouveaux actionnaires implique une modification des rapports de force dans les organes de gestion de l’entreprise.

Le Leasing (crédit-bail)

Ce type de financement offre à l’entreprise la possibilité de disposer du matériel nécessaire à son activité, comme lors d'une location avec promesse d'achat. L’avantage réside dans la possibilité de s’équiper sans mobiliser une trésorerie importante. L’entreprise devra anticiper les décaissements récurrents, liés aux loyers et frais de gestion du contrat de leasing. Les biens mis à disposition en leasing sont sans impact sur le haut de bilan : juridiquement, il s’agit d’une location.

Les Business Angels

Outre leur argent, les business angels font bénéficier les jeunes entreprises de leur expérience dans les affaires et ouvrent leur carnet d’adresse. Le business angel sait qu'il investit sans garantie de retours sur investissements. Les associations de business angels se montrent donc sélectives. Lors des séances de « pitch » de sélection des projets, une grande importance est accordée à l’examen de la personnalité des porteurs de projets.

Le love money

Il s’agit ni plus ni moins qu’un recours au financement participatif dans le cercle affectif de l’entrepreneur : parents et amis mettent de l’argent à disposition du porteur de projet, en considérant prioritairement les liens privés qui les unissent par rapport au business plan. Même s’il s’agit d’un acte de générosité, il est important de mettre noir sur blanc les conditions de la participation de chacun, afin de prévenir tout malentendu futur : l’entreprise risque de perdre la mise, mais on n’est pas non plus à l’abri d’un succès inespéré, à partager entre les donateurs historiques.

Et si votre protégé allait inventer un nouveau G**gle, à partir de votre contribution modique ?

mardi, 4 mars 2014

Le crédit repose sur la confiance

Invitée de notre blog pour une carte blanche, Dominique Gibert, qui dirige les éditions Diateino, nous propose un extrait du livre "Le Nouveau Manager, Pilotez votre entreprise comme une start-up !". Dans ce passage de son livre, Robert Papin explique quelques bonnes pratiques et les pièges à éviter dans la relation entre l'entreprise et le banquier.

Un banquier vous dira qu’il préfère un créateur d’excellent gabarit avec une idée moyenne à un créateur moyen qui vient lui proposer une excellente idée. Le crédit repose d’abord sur la confiance qu’il accorde à la personne qui vient le solliciter, et qui repose sur son honnêteté, sa loyauté, son esprit d’entreprise, sa capacité d’adaptation et sa compétence.
Mais il est rare que le créateur obtienne cette confiance sur-le-champ ; le banquier hésitera bien souvent à s’engager trop vite avec un nouveau client chef d’entreprise, surtout s’il s’agit d’un créateur. Il préférera lui accorder peu et attendre qu’il fasse ses preuves avant de lui donner les crédits qu’il demande.
le nouveau manager - Robert Papin

Dès son premier entretien, le financier essaiera de se faire une première opinion de son interlocuteur. Si cette opinion est défavorable, il refusera de l’aider, quel que soit l’intérêt de son idée et quelle que soit la qualité de son dossier. Pour justifier son refus il ne lui dira pas ce qu’il pense de son profil psychologique, signalant simplement que le projet n’entre pas dans les priorités de son établissement, que la structure de son bilan est trop déséquilibrée ou que l’encadrement du crédit lui interdit de l’aider au détriment de ses clients habituels.

Comment gagner la confiance du banquier ? Comment lui donner de vous une image favorable ? D’abord par vos résultats à la tête de votre entreprise et la qualité du dossier que vous lui remettrez, ensuite en évitant un certain nombre d’erreurs de comportement. Choisissez la bonne banque, celle qui connaît bien votre secteur d’activité, et le bon interlocuteur, la personne qui possède le pouvoir de décision dans l’agence et avec laquelle « le courant passera bien ». Si vous ne la trouvez pas, n’hésitez pas à changer d’agence ou à changer de banque.

Avec le banquier, restez naturel et ne jouez pas un rôle qui ne correspond pas à votre comportement habituel. Un bon banquier détecte très vite la véritable personnalité de son interlocuteur. Ne trichez pas et ne lui cachez pas vos difficultés. Si vous lui mentez une seule fois, il s’en apercevra probablement, et ne vous suivra pas le jour où vous aurez vraiment besoin de lui. Il est donc préférable de le prévenir à l’avance en lui proposant des mesures pour redresser une situation difficile plutôt que de le mettre devant le fait accompli, ce qu’il craint le plus. Renseignez-vous avec soin sur les caractéristiques des prêts qu’il peut vous consentir. Le banquier ne se vexera pas si vous lui demandez le maximum de renseignements sur les taux d’intérêt, les commissions et les garanties. Il aime bien les gens pour lesquels un sou est un sou et il se méfiera des dirigeants qui semblent accorder peu d’importance à l’argent.

Soyez fidèle à votre banquier et ne le quittez pas pour économiser quelques euros. Vous trouverez toujours un autre banquier qui acceptera de faire mieux que son concurrent mais il se méfiera de vous, craignant que vous ne le quittiez le jour où vous trouverez mieux. Si vous travaillez avec plusieurs banques, mieux vaut avoir un banquier « chef de file », et considéré comme tel par ses confrères. Il est cependant préférable que vous restiez le maître du jeu en décidant vous-même de répartir vos dépôts et vos demandes de crédits en fonction de la qualité des relations que vous entretenez avec les différents membres du pool.

Évitez de dépasser les autorisations de découvert ou d’escompte sans l’accord préalable de votre banquier. Si votre structure financière est solide, il fermera les yeux, mais si par la suite la pluie se met à tomber, il pourrait être tenté de se débarrasser d’un client qui n’a pas respecté ses engagements dans le passé. Certains patrons ont appris à leurs dépens la technique du « coup de râteau ». Elle consiste, pour une banque, à faire rentrer de l’argent prévu pour honorer des traites de fin de mois et à utiliser cet argent pour solder un compte bancaire à découvert.

N’hésitez pas à négocier le montant des crédits sollicités, leur durée, leur taux d’intérêt et les commissions. Voici quelques règles à connaître pour augmenter votre pouvoir de négociation : Étudiez au préalable votre structure financière (notamment le mode de financement de votre besoin en fonds de roulement), la rentabilité potentielle de votre entreprise, sa capacité d’autofinancement et votre situation prévisionnelle de trésorerie ; Présentez au banquier des demandes claires et précises et ne vous contentez pas de solliciter de vagues avantages en lui laissant le soin d’en préciser lui- même la nature ; Fixez-vous des objectifs prioritaires ; Prévoyez à l’avance l’attitude que vous adopterez si vous n’obtenez pas satisfaction ; Enfin, évitez de négocier des avantages dont vous ne seriez pas en mesure de vérifier par la suite s’ils vous ont été accordés (par exemple, certaines commissions que n’auriez pas le temps de contrôler).

Le potentiel du projet

Sur le plan économique, le banquier va tenir compte de données générales concernant le secteur dans lequel vous désirez lancer votre projet et de données spécifiques à votre entreprise. Il essaiera notamment de se faire une opinion sur les caractéristiques du secteur : sa rentabilité, son évolution, l’intensité de la concurrence, l’importance des capitaux nécessaires pour y pénétrer. Il s’intéressera aussi aux facteurs clés de succès du projet qui lui est présenté, aux atouts et faiblesses de l’entreprise sur ces facteurs clés, aux atouts et faiblesses des concurrents. Il s’efforcera également d’évaluer les ressources humaines nécessaires pour mettre en œuvre le projet et se préoccupera de votre capacité à retomber sur vos pieds si les choses tournaient mal. Il étudiera ensuite le dossier financier que vous avez élaboré en se servant, pour les analyser, de critères dont la nature dépendra du type d’activité et des caractéristiques du crédit sollicité.


Auteur de "Le Nouveau Manager, Pilotez votre entreprise comme une start-up ! Robert Papin a créé Hec-Entrepreneurs. Aujourd’hui, 47 % des élèves et des étudiants ayant bénéficié de la « Pédagogie Entrepreneur » de Robert Papin occupent des fonctions de président ou directeur général d’une société.

L’auteur, qui a lui-même créé plusieurs entreprises, est le conseiller de nombreux dirigeants, il est régulièrement consulté par des établissements d’enseignement français et étrangers. Robert Papin est agrégé des techniques de gestion, docteur en droit, diplômé expert-comptable, diplômé d’études supérieures de sciences économiques. Il a en outre collaboré avec l’Université de Stanford en Californie, avant de diriger plusieurs programmes de recherches aux États-Unis. Robert Papin est membre de l’Association française d’arbitrage. Il est également président d’honneur de la Fondation internationale des entrepreneurs et l’initiateur des Instituts européens des entrepreneurs.

Remerciements aux éditions Diateino, qui ont autorisé la diffusion de cet extrait : Diateino est une maison d’édition indépendante fondée en 2002. Spécialisée dans l’entrepreneuriat, le marketing, le Web, les médias sociaux, le développement professionnel et personnel, son objectif est de publier des livres positifs, énergisants et inspirants, qui vous feront avancer. Avec des auteurs mondialement connus tels que Guy Kawasaki et Seth Godin, les Éditions Diateino ont la particularité de proposer des ouvrages d’excellence tout en mettant un point d'honneur à soigner leurs relations avec auteurs et lecteurs.