Thierry Goemans est consultant et formateur indépendant en gestion des organisations; il dirige Adjuvamus et Formation-Compta-Tout-pour-Entreprendre.

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Des (gros) mots et des éléments de langage ?

Il y a quelques mois, j’avais ourdi le projet de publier ici un abécédaire du vocabulaire comptable, avant de renoncer. Publier un index de mots-clés relatifs au contrôle de gestion, à l’organisation administrative des entreprises ou aux formations comptabilité aurait été profitable, du point de vue du référencement de mes pages. Mais tant pis, j’estime qu’étaler du jargon comptable, c'est barbant.

Pourtant, en réfléchissant sur le thème du jargon des métiers, je me suis rendu compte que la totalité de mes clients, et leurs équipes, ont leurs "éléments de langage".

jargon_professionnel

Cela n’a rien d’exceptionnel en soi, que des programmeurs « commutent », que la panique s’empare d’eux quand le « serveur est down », que des community managers «administrent mes comptes sosh» en espérant que je sois « followé » dès que mes suiveurs auront « rafraîchi leur timeline ». Ceci sans oublier la "curation" de ma présence en ligne.
Pendant ce temps, mon « CAC » « dote une perte latente aux provisions », avant de valider mon « cut-off », "CCA" et "PCA" compris. Lorsque je coiffe ma casquette de responsable « ADV », je participe à la négociation de « back-margins » avec mes « key-accounts ». Personnellement, je dois parfois aider des entrepreneurs à « downsizer » pour cause de « cash shortage ». J’en connais même qui « benchmarquent » dès le matin à l’heure où je « like » mes amis sur mon « appli » Facebook. En tout cas, je le jure, je ne suis pas "hybrid".

Assez ! Depuis que je suis installé, j’ai rencontré toutes sortes d’entrepreneurs (ça me fait un "panel"). Il ne me vient pas à l’idée d’enfermer les gens dans des cases, mais sur le critère de l’expression, il me semble qu’il y a deux catégories d’entreprises : celles qui savent vulgariser leur savoir, et les autres qui peinent à s’exprimer dans un langage qui inclura le profane. J’aurais tendance à dire que l’entreprise qui adapte un langage accessible au plus grand nombre aura des facilités pour rassembler prospects et clients autour de son offre. Mais j’en entends aussi qui disent que se tenir à un jargon métier c’est montrer sa maîtrise des codes d’une communauté (autrefois, on aurait écrit "corporation").

Trêve de plaisanteries : les questions sérieuse à propos du relationnel client sont celles-ci :

• « pour bien servir ses clients, un professionnel doit-il adopter leurs codes, ou, au contraire, afficher son style personnel ? »

• « faut-il vulgariser pour rassurer le client sur sa capacité à discuter avec son fournisseur sur un pied d’égalité ou, au contraire, adopter un langage de spécialiste sûr de son expertise au risque de reléguer le client dans un rôle contemplatif ? »

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