Thierry Goemans est consultant et formateur indépendant en gestion des organisations; il dirige Adjuvamus et Formation-Compta-Tout-pour-Entreprendre.

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Un indépendant peut-il dire : "Je n'ai pas le temps" ?

En ce moment, je n'ai pas le temps : mes activités de conseil et d'aide au pilotage d'entreprises connaissent un pic saisonnier, de janvier à Pâques.
Pendant cette période mes clients se préoccupent de comprendre leur situation de l'année écoulée, il leur faut des chiffres clairs, et, dans le même temps, je dois m'occuper de mettre en pratique les bonnes résolutions qu'ils ont prises en début d'année, pour améliorer la gestion de leur entreprise.

Donc, "je n'ai pas le temps". Pas le temps de téléphoner aux uns et aux autres (activité réseau), pas le temps d'écrire ici, etc ...
Dans la réalité, je travaille en effet plus d'heures en cette période et il y a des enjeux forts, mais mon fardeau n'est objectivement pas insurmontable. Bref, il me reste des temps de repos, mais, on va dire que je me repose mal, en cette saison.

En y réfléchissant, avec le stress et la fatigue, c'est surtout (une partie) de ma lucidité, de ma capacité à m'ouvrir l'esprit, à organiser et à optimiser qui diminue légèrement. Or cette diminution légère ;) conduit parfois à se jeter dans le travail tête baissée. C'est à coup sûr une moins bonne gestion des priorités, moins de fluidité dans les relations, de la nervosité, des doutes sur la pertinence du business ...

Enfin ce n'est pas une fatalité. J'ai (pris le temps de) réfléchi(r), avec vous. Allez on partage :

Pour ma part, lorsque je travaille du coucher au lever, pendant plusieurs jours de suite, j'aurais tendance à repousser tout ceux qui viennent vers moi, pour des sollicitations pourtant normales : "Je n'ai pas le temps". L'occasion est trop belle de souligner qu'Adjuvamus, ça marche ? Evidemment un peu. Et pourtant je déteste les gens qui prennent un air affairé et dé-bor-dé dès qu'il s'agit de caler un rendez-vous ou une plage de travail collaboratif. Il y en a tellement qui se comportent ainsi pour se donner de importance. En réalité lorsque je rembarre ceux qui me "dérangent", en ce moment, ce n'est pas que je n'aie pas le temps. La vraie raison est : je suis stressé et ma concentration est fragile, je ne suis pas à l'écoute, je ne mesure pas lucidement la portée de ce que vous me demandez et je ne suis pas capable d'amender mon agenda en tenant compte d'éléments nouveaux.

En restant lucide sur ma baisse de lucidité (sic), je ne dis pas que je me réconforte; se maîtriser est une contrainte supplémentaire. Cependant, le jeu en vaut la chandelle : l'entrepreneur doit rassurer chaque jour envers et contre tout. Il faut donner confiance aux clients, aux prospects, à ceux qui vous soutiennent.

Sans compter que, si vous vous repliez sur vous même ou paraissez arrogant en période de grosse activité, vous ne rencontrez pas les personnes qui pourraient vous confier du travail pour plus tard, lorsque vous serez revenu dans une période plus calme. Une grosse faute, à éviter à tout prix.

Allez, aujourd'hui je suis pressé, mais j'irai quand même prendre l'apéro pour arroser la sortie d'un livre d'une bonne relation.