Thierry Goemans est consultant et formateur indépendant en gestion des organisations; il dirige Adjuvamus et Formation-Compta-Tout-pour-Entreprendre.

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Comptabilité : le rapprochement bancaire d'abord

Le rapprochement bancaire, encore appelé réconciliation bancaire est considéré comme la clé de voûte de la comptabilité. En effet, s'assurer de l'enregistrement exhaustif de tous les flux financiers entrants et sortants d'une entreprise, tels que repris sur les relevés d'un tiers, qu'on nomme "la banque", c'est être sûr que tous les faits économiques survenus ont été traduits en comptabilité.

relevé comptable - extrait de compte

En pointant régulièrement les enregistrements comptables de l'entreprise par rapport au relevé bancaire puis en vérifiant que tous les mouvements, tant en débit qu'en crédit sont justifiés par une pièce comptable qui elle-même est le justificatif d'une transaction économique, le comptable ou le chef d'entreprise va verrouiller ses comptes.

Qu'un encaissement reste "ouvert", c'est à dire qu'une somme reçue ne puisse pas être rapprochée d'une facture de vente émise, et c'est une incohérence comptable qui est relevée : double encaissement ou erreur d'émission de facture. Qu'un décaissement ne puisse être affecté à une facture d'achat et c'est une autre anomalie comptable qu'il faut envisager : double règlement ou facture d'achat non reçue.

Fort heureusement, la relecture régulière et par les yeux exercés d'un professionnel de la comptabilité permet de limiter la fréquence et les conséquences de ces incidents. On va même dire que, souvent, l'incohérence comptable ne sera heureusement pas liée à un dysfonctionnement de gestion impliquant un tiers (client, fournisseur, caisse URSSAF, ...) mais plutôt à une erreur d'imputation ou de saisie. Ce qui revient à dire qu'un flux aura été mal comptabilisé. Dans tous ces cas-là, une simple correction comptable suffit à remettre les choses d'aplomb.

Mon propos ici est donc d'insister sur la nécessité, pour tous les professionnels de recenser régulièrement leurs opérations sous leur forme comptable en pensant que tout fait économique : vente, achat, salaire, investissement, emprunt, se traduit systématiquement par des flux financiers. La vérification de cette traduction automatique est d'autant plus facile qu'on exerce un suivi régulier, avec des procédures adaptées, plutôt que de s'en remettre au destin en bouclant ses comptes in-extremis juste avant la date de remise de la déclaration fiscale des sociétés.

Vérifier les informations bancaires est d'autant plus important que c'est par le relevé de banque que tombent implacablement les données de trésorerie de l'entreprise.

Enfin, si tenir à jour une comptabilité exhaustive, est un effort qui permet de constater les faits présents et passés, il y a gros à parier que le professionnel qui se tient à cet exercice, quitte à se faire aider d'un spécialiste externe, aura davantage de facilité à bâtir ses données prévisionnelles : savoir décrire le présent et le passé permettra, sur la même trame, de faire des tableaux de bord budgétaires, c'est à dire des prévisions, utiles pour décider de la stratégie, des moyens à mettre en oeuvre, des ressources disponibles. Sans parler de la force de persuasion de celui qui maîtrise des chiffres pour convaincre un investisseur, le banquier ou des partenaires de s'engager.