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Mot-clé - fonds propres

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mardi, 6 novembre 2018

Trouver l'origine des ressources financières d'une entreprise

Une société commerciale est contrôlée par celui qui lui fournit le plus de ressources financières. Nous vous proposons une vidéo qui vous permettra d'étudier simplement la structure financière des ressources d'une entreprise.

On a souvent besoin de savoir qui est le principal décisionnaire dans une entreprise. Or c'est souvent celui qui risque le plus d'argent dans une société qui a le dernier mot.
Le décryptage de la structure des ressources financières d'une entreprise, inscrites au Passif du bilan qu'elle publie chaque année est expliqué par Thierry Goemans dans cette vidéo de "quick learning" destinée aux non-financiers.

Le ratio d'autonomie financière et son complément, le ratio d'endettement n'auront plus de secret pour vous, si vous consacrez deux minutes à cette séquence extraite d'un cursus e-learning préparé par Adjuvamus.
Tout y est prévu pour vous permettre d'accéder simplement au concept de stratégie de financement de l'entreprise.

Lire la suite...

dimanche, 31 mai 2015

Capital social et Fonds Propres - Qu'est-ce donc ?

lien_vers_fctpe.jpg Le capital d'une société commerciale appartient aux actionnaires, qui l'ont mis à disposition de l'entreprise et sont donc les propriétaires ce celle-ci. Le montant des capitaux propres ou fonds propres permet d'évaluer la capacité de l’entreprise à faire face à des engagements financiers présents ou futurs, sans recourir à des sources de financement plus diversifiées.

La société qui dispose de fonds propres suffisants rassure son marché, les banques, son personnel quant à sa capacité à investir, payer ses échéances commerciales, sociales et fiscales. Prolongement logique de cette vérité, présenter un bilan comptable certifiant l’existence de fonds propres proportionnés à la situation actuelle et aux ambitions futures d'une société, c’est aussi offrir des garanties solides à un éventuel prêteur, quand l’emprunt est nécessaire pour financer le développement de l’entreprise. capital-social-et-fonds-propres A la constitution d’une société, le capital social est constitué des apports faits par les associés fondateurs. C’est avec cette mise initiale que l’entreprise va financer son amorçage, investir dans ses premiers moyens de productions, humains ou matériels et, le cas échéant, constituer un premier stock de produits ou matières.

Le capital social -que vous trouvez obligatoirement sur tout document commercial d'une société- correspond à la valeur nominale des actions, telle que reprise dans les statuts constitutifs de la société. Le capital d’une société est la composante initiale des fonds propres. Contrairement au capital social, pendant la vie de l’entreprise, les capitaux propres fluctuent. Leur variation s’étudie en comparant le passif des bilans comptables annuels successifs. Les circonstances occasionnant une variation des fonds propres que l’on rencontre le plus souvent sont les suivantes :

Augmentation des fonds propres :

  • apports directs : souscription au capital social de départ, augmentation de capital souscrite en numéraire, subventions d’investissement (si vous êtes chanceux)
  • apports indirects réalisés par les actionnaires : report à nouveau de bénéfices dont les actionnaires renoncent provisoirement à la distribution, primes payées par de nouveaux actionnaires pour acheter le droit de rentrer dans le capital en « prennant le train en marche », constitution de réserves à partir de bénéfices constatés que les actionnaires laissent à disposition de l’entreprise en prévision d’un futur moins favorable que le présent (définition simplifiée).

Diminution des fonds propres :

  • en cas de résultat négatif, imputation de pertes constatées sur les fonds propres de l'entreprise
  • consommation de capitaux mis en réserves ou en provision, en raison de la survenance de circonstances particulières.

Pour finir, retenons que toute opération visant à modifier la valeur du capital ou décider de l'affectation de résultats (bénéfices ou pertes) est logiquement soumise à décision de l'assemblée générale des actionnaires (propriétaires de l'entreprise) , en conformité avec des dispositions légales et/ou statutaires. Toutefois, le montant des capitaux propres étant en quelque sorte l'assurance sur laquelle les tiers qui ont des intérêts dans la société (banques, fournisseurs, fisc, URSSAF, personnel) comptent pour récupérer leur mise en cas de mauvaises performances, la loi prévoit des procédures spéciales lorsque les fonds propres d'une entreprise deviennent insuffisants, voire négatifs.

mardi, 29 avril 2014

Le capital social d’une société ne sert à rien!

Vraiment ? Le montant du capital social de votre entreprise lui permet de fonctionner, en début d’activité. Ensuite, le montant des fonds investis est aussi un signal fort de l’engagement des actionnaires propriétaires, qui parient sur un succès entrepreneurial. Pas convaincus ? On développe ici…

Dialogue avec un créateur d'entreprise qui fonde une société commerciale :

- « Combien, le montant du capital social de votre société ? »
- « bah... 500€ ! Le capital, ça sert à rien … ».

Pour tous ceux qui doivent lire vite, ne retenez que ces deux phrases encadrées :

sous-capitaliser-societeMême si la loi l'autorise, afficher un capital ridiculement faible est perçu par les milieux économiques comme un signal de faiblesse. Cela décrédibilise l’entreprise et l’entrepreneur, qui fait implicitement l’aveu d'une certaine ignorance des bases financières universelles.

A bon lecteur salut ;) .


Psychologie économique : le capital pour inspirer la confiance

Le capital social, c’est la mise de ceux qui risquent de l’argent dans une société commerciale (les créateurs d'entreprises). Ils en sont propriétaires dans un but lucratif, donc sont censés croire dans le potentiel de croissance d’un modèle économique. Alors, miser "petit", revient à afficher des doutes jusqu’au papier à en-tête ou aux mentions légales du site web de l’entreprise où figure toujours le montant du capital.

Réalité économique : le capital ce sont des ressources pour développer l’entreprise

Lors de la création de l’entreprise, la mise à disposition (on dit « libération ») du capital donne à la société des ressources pour acheter le patrimoine de départ. Ce patrimoine peut se composer de liquidités, versées sur le compte en banque de la société ou de moyens d’exploitations (machines, stocks, licences,…) apportés par celui ou ceux qui souscrivent au capital. Plus la valeur du capital est importante, plus le patrimoine dont dispose l’entreprise pour l'amorçage de son activité est important.
La suite est assez simple : petits moyens, petits développement donc petits bénéfices; même en étant vertueux, et en réaffectant les bénéfices aux réserves, les capitaux propres peuvent demeurer structurellement faibles pendant des années.
Mais il y a une hypothèse pire : manque de moyens = pas assez d’argent pour faire vivre une entreprise en attendant les premiers bénéfices = cessation de paiements = échec entrepreneurial.

Les ratios financiers appliqués au capital des sociétés

- « Le capital ne sert à rien ... »

objecte encore ce créateur d’une société de service, malgré mes objurgations. De fait, son activité de conseil, ne lui fait engager que de ses capacités intellectuelles propres et ce chanceux dispose des contrats clients nécessaires pour assurer la rentabilité immédiate de l’entreprise dès sa création.
Cela c’est la situation aujourd’hui. Mais demain ? Si la société traverse un trou d’air ou, au contraire, doit disposer de ressources complémentaires pour financer une croissance rapide ? Des performances aussi involontaires qu'inattendues peuvent mettre en péril l'équilibre de l'entreprise si les moyens de celle-ci sont dépassés.

Nous avons évoqué la psychologie du banquier, qui a toujours une lecture du bilan différente de celle de l'entrepreneur. Une société commerciale dont les fonds propres sont insuffisants (donc sous-capitalisée) est mathématiquement en position délicate, dès qu’elle dépend du bon vouloir de tiers. Banquiers, fournisseurs et prospects utilisent des formules immuables pour évaluer la solidité financière de votre entreprise avant de miser sur elle.
Etre « en dehors des clous » dans les résultats de ratios financiers universels, c’est se marginaliser et prendre le risque de voir des portes se fermer, au mauvais moment.

Société commerciale : une personnalité juridique distincte

Une société commerciale est une personne morale, qui dispose d'une personnalité juridique distincte de celle des personnes physiques qui l'ont créée. L'affichage, à titre privé, d'une fortune confortable, n'entre pas dans les ratios financiers de votre société. En revanche, l'actionnaire propriétaire finit toujours par être tenu responsable d'éventuelles fautes de gestion : la sous-capitalisation d'une société en est -potentiellement- une. La faute sera jugée d'autant plus grave quand un entrepreneur un peu pingre est connu pour quelqu'un qui "a les moyens" de faire face aux besoins de la société dont il est mandataire.

Conseil du Sage (ou sage conseil) : quand vous déterminez le montant du capital de votre société commerciale, c’est vous qui avez la main : pensez sécurité et confort, prévoyez large : l’avenir est fait d’imprévus.

Les lecteurs intéressés par le financement des entreprises peuvent suivre ces tags BFR et besoin en fonds de roulement.

mardi, 21 janvier 2014

Obtenir un prêt bancaire pour votre entreprise

prêt bancaire pour l'entreprise L'endettement est souvent incontournable quand l’entreprise doit financer des investissements, indispensables pour son développement. Nous commentons quelques fondamentaux pour parcourir avec succès le chemin, sinueux, vers l’obtention d’un prêt bancaire.

Les dossiers de financement préférés des banquiers :

Les banquiers renâclent à financer le BFR (Besoin en fonds de roulement). Ils considèrent qu’un business model dont le cycle d’exploitation n’est pas auto-financé est potentiellement non-rentable. Ils préfèrent avancer de l’argent pour le financement d’immobilisations : en cas de défaillance de l’emprunteur, les banques se dédommagent sur les biens financés.

C’est bien connu, on ne prête qu’aux riches

Un prêt bancaire ne vient qu’en complément de fonds propres. Le prêteur plafonne généralement son engagement à 50% des capitaux propres de l’entreprise.

Les entreprises qui ont déjà convaincu une banque de leur accorder un prêt bancaire ont davantage de chances de se voir accorder des financements complémentaires. Leur business plan a rassuré un banquier et, la confiance étant contagieuse, l’accession à d’autres produits bancaires ou à d’autres solutions de financement devient (un peu) plus simple, ensuite.

Faut-il avoir peur des banquiers ?

Les relations entre un chef d’entreprises et des banquiers répondent aux fondamentaux psychologiques de n’importe quelle rencontre. On se présente, on fait connaissance, on se jauge mutuellement et un certain degré de confiance ou de défiance s’installe. Ce degré de confiance et d’empathie mutuelle dépasse les critères objectifs de votre business plan et des consignes générales que suit votre conseiller bancaire : comme toujours la relation se construit sur des critères irrationnels, voire inconscients, de part et d’autre.

L’étude de marché du dirigeant d’entreprise qui cherche un partenaire bancaire commence évidemment sur internet. Toutes les banques développent en ligne leur politique de financement des entreprises. Le web vous fournira des informations sur la stratégie des banques à l’égard des entreprises comme la vôtre. Il sera temps, après, de choisir les réseaux que vous irez démarcher.

Les réseaux de dirigeants d’entreprises permettent des rencontres informelles. Si vous vous investissez avec sincérité dans ces instances, d’autres chefs d’entreprises vous feront part de leurs propres expériences, à charge de revanche. C'est une source d'efficacité professionnelle avérée, pour qui sait s'en saisir avec mesure.

In fine, un minimum de confiance et de franchise doit caractériser des relations qui seront immanquablement durable, quand on se projette dans la perspective d’un emprunt bancaire, dont le remboursement s’échelonne sur plusieurs années. Votre conseiller bancaire appréciera que vous ayez une approche professionnelle :

  • soyez informé des conditions du marché bancaire (fonctionnement des offres correspondant à votre cas, concurrence inter-bancaire, …)
  • soyez renseigné (en lisant ce blog ;) ) sur le parcours classique du candidat emprunteur. Il s’agit ni plus ni moins que de montrer que vous êtes un entrepreneur préparé et qui mesure les risques : ceux courus par votre entreprise et aussi ceux que prend le banquier qui vous suit.
  • intéressez-vous à l’actualité spécifique de la banque que vous visitez. Le conseiller et vous-même vous concentrez ainsi sur les points forts de son offre qui pourraient rencontrer les besoins de votre entreprise. Inutile d’embarrasser votre interlocuteur avec des questions sur lesquelles vous savez d’avance qu’il n’est pas à son avantage.

Il y a de grandes chances que vous irez rendre visite à votre banquier historique. Il connaît déjà vos habitudes de gestion; c’est un avantage. Cela peut-être un inconvénient si l’évocation de votre nom ne soulève pas un élan d’enthousiasme immarcescible dans votre agence bancaire. Dans tous les cas, en allant lui parler de votre demande de financement, vous informez implicitement votre banquier que vous allez le challenger, au terme de votre tour de la concurrence. L’avenir contenant son lot d’incertitude, la diplomatie s’impose.

Présenter son projet avec professionnalisme

Les tableaux de chiffres sont des éléments objectifs auxquels un banquier est sensible, dès lors qu’ils sont faciles à lire : c’est tellement rassurant, quand les choses paraissent claires. Il s’agit de décrire aussi précisément que possible le modèle économique qui justifie votre demande de concours bancaire. Expliquez ce qui caractérise votre exploitation, comment vous faites votre marge, auprès de quelle clientèle, etc … Montrez les résultats attendus suite aux investissements que vous voulez faire financer, sans occulter les charges nouvelles que l’entreprise devra couvrir.

Entraînez-vous à être particulièrement pédaguogue si votre projet est innovant ou peu conventionnel : comme tout le monde, le banquier voit davantage de risques dans ce qu’il ne connaît pas.

Il n’est pas inutile de se mettre dans la peau du banquier. Quels sont les risques auxquels il pense ? Quelles questions ou objections va-t-il certainement soulever ? Ne pas préparer d’éléments de langage pour répondre à tous les cas de figure qui sont prévisibles serait bien entendu interprété comme un manque de maturité de la part du demandeur.

Gérer la fin de l'entretien avec le conseiller bancaire

Après être passé sur le grill, restez concentré. Vous devez recueillir des informations qui vous permettront, de retour au calme, à mettre votre interlocuteur en concurrence. C’est le moment de demander les conditions générales voire particulières du prêt. Dans combien de temps la réponse du banquier viendra-t-elle ? Doit-il impliquer sa hiérarchie ? Peut-il simuler un tableau de remboursement ? Quelle type de garanties sera exigé ?

Faites-vous aider pour réaliser le dossier de demande de prêt bancaire de votre entreprise. Fourbissez-vos arguments dans des échanges avec des tiers de confiance. Mais une fois en rendez-vous avec le banquier, c'est à vous de jouer : vous devez connaître votre dossier sur le bout des doigts.

jeudi, 5 décembre 2013

Accéder aux infos comptables des sociétés

renseignements financiers sociétés
Avant de s'engager avec une entreprise, pour un achat important, il est prudent de se renseigner au sujet de ce futur fournisseur, si séduisant soit-il. S'il s'agit d'une société commerciale (SARL, EURL, SA ou SAS, par exemple) des informations financières sont disponibles gratuitement, pour tout le monde, sur internet. Où, quand et comment trouver les bilans des entreprises...

La fin d'un exercice comptable constitue pour tout chef d'entreprise, quel que soit son statut et la taille de ses affaires, un point d'étape obligatoire. Souvent, la fin de l'année comptable et fiscale coïncide avec le calendrier civil : la plupart des entreprises arrêteront leurs comptes annuels le 31 décembre prochain et leurs comptables s'emploieront à présenter, dans des tableaux normalisés, l'état de la rentabilité des affaires au cours des douze mois écoulés.

Ces tableaux, établis selon des règles strictes et constantes répondent à des impératifs d'information et de comparaison. Les informations qu'ils contiennent sont publiées et donc accessibles à tous. Toute personne qui envisage d'entrer en relation commerciale avec une entreprise française peut trouver aisément des informations financières sur son futur partenaire en consultant des sites comme Infogreffe ou societe.com, par exemple. La plupart de ces sites donnent accès gratuitement aux principaux chiffres comptables, les grandes masses constitutives du compte de résultat et du bilan des sociétés. L'accès aux détails est souvent payant, mais, si le jeu en vaut la chandelle, on peut télécharger, pour quelques euros, l'ensemble des informations normalisées publiées par les sociétés commerciales.

Certaines sociétés choisissent d'enfreindre la règle d'obligation de publication de leurs bilans sociaux annuels auprès du Greffe du Tribunal de Commerce. Ce défaut volontaire d'information est une information en soi : c'est le fait d'entreprises qui souhaitent préserver la confidentialité de leurs chiffres.

Qui est intéressé par les informations financières des entreprises ?

1° les propriétaires et/ou actionnaires de l'entreprise, et les salariés

2° l'administration fiscale pour la perception des impôts

3° tous les tiers, clients, fournisseurs, banquiers, et autres partenaires, actuels ou futurs qui entretiennent des relations d'affaires avec l'entreprise, ou envisagent d'en avoir bientôt.

Quelles informations basiques trouve t-on toujours dans une liasse fiscale ou un bilan publié ?

Le compte de résultat, soit le recensement des ventes de l'année et des charges professionnelles qui ont dû être engagées pour parvenir à réaliser ces ventes. La différence de ces deux masses constitue le résultat de l'année, soit un bénéfice ou une perte.

Le bilan comptable, soit la situation patrimoniale de l'entreprise au dernier jour de l'année (on dit "à la date de clôture") : la valeur des biens qu'elle possède et qui sont au service de l'exploitation (locaux, machines et équipements, stocks), les créances qu'elle détient (les sommes qui lui sont dues par des tiers, les clients par exemple) et l'état de ses avoirs bancaires, mais aussi le montant de ses fonds propres (les sommes laissées durablement dans l'entreprise par ses propriétaires pour financer l'exploitation), ainsi que l'état de ses dettes (ce que l'entreprise doit à ses fournisseurs, à l'Etat et éventuellement à un "banquier prêteur").

Je ne saurais que trop conseiller aux dirigeants de TPE et PME, de ne pas négliger cette petite enquête préliminaire, aussi simple que n'importe quelle autre recherche sur internet, avant de s'engager dans des enjeux financiers importants.

(Reprise d'un billet présenté pour la première fois le 25 décembre 2009)

mercredi, 13 juin 2012

Savoir « lire un bilan » - un must pour l’entrepreneur

L’analyse de l’évolution de la structure d’un bilan de société permet d’en apprendre beaucoup sur la santé d’une entreprise et sur la stratégie qui y est mise en œuvre.

Pourtant j’aurais pu titrer VOULOIR « lire un bilan ». J’entre assez souvent en débat avec des dirigeants de startup, tout légitimement concentrés sur des préoccupations vitales et légitimes : vendre et encaisser. Leur parler « bilan » ou pire « fonds propres » est assurément l’assurance de faire un bide.
lire-un-bilan-comptable

Et pourtant, comme Monsieur Jourdain fait de la prose sans le savoir, « mes entrepreneurs » gèrent la structure de leur bilan, dès qu’ils cherchent des ressources à employer dans leurs activités. Alors je persévère, avec un second plaidoyer consacré au bilan. Dans un premier article, paru ici-même, je donnais des notions fondamentales concernant le bilan comptable des sociétés.

Pour qu’une société s’enrichisse, il faut qu’elle ait des activités commerciales, industrielles ou de services qui procurent des bénéfices. C’est le report de bénéfices dans le bilan, et rien d’autre, qui permet de constater une réelle création de valeur, et donc l’augmentation du patrimoine de l’entreprise.

Comprendre les facteurs de variation du patrimoine est fondamental. L’augmentation patrimoniale d’une société consécutive à des apports extérieurs à l’entreprise, plutôt qu’à des bénéfices d’exploitation ne conduit pas aux mêmes conclusions. Les apports n’enrichissent pas la société. Ils constituent des ressources, certes indispensables mais qui n’auront de valeur que si leur emploi, ultérieur, conduit à des profits d’exploitation.

Dans une vie d’entrepreneur, savoir « lire un bilan » d’un œil critique est un must. On vient de le dire, le patrimoine d’une société peut grandir de manière non proportionnelle au résultat d’exploitation, voire sans qu’aucun résultat bénéficiaire n’ait été constaté.

De surcroît, les apporteurs de ressources, qui garnissent le Passif (vilain terme péjoratif, pas par hasard !) sont des obligés. Concrètement, en cas d’arrêt d’activité de l’entreprise à un instant « t », le fruit de la liquidation des éléments d’Actif de la société sert à rembourser les contributeurs extérieurs. Si leurs ressources ont généré des profits, il y a un boni ; si au contraire l’emploi des ressources exogènes n’a pas permis de dégager de bénéfices, la société ne peut faire face à tous ses engagements et les apporteurs ne récupèrent pas leur mise.

La plupart des entrepreneurs n’envisage pas cette hypothèse –théorique- d’une cessation d’activité, entraînant le remboursement des engagements de leur société. Je leur donne 100% raison, la foi entrepreneuriale est nécessaire (contrairement à la comptabilité, la foi ne doit pas faire l’objet d’une justification ;) ).

La plupart des entrepreneurs n’envisage pas que le capital-risqueur, les fournisseurs, les banquiers, les fonds de subventions, les agents du fisc, ceux de l’URSSAF, leurs conjoint(e) ou leurs parents (love-money) se liguent contre eux pour envisager cette hypothèse –théorique- d’une cessation d’activité, avec un intérêt proportionnel aux risques qu’ils courent. Cette engeance disparate, appréhende, sans leçon de comptabilité, la différence entre Actif et Passif, ressource et emploi des ressources.

Redevenons pratique : Sont repérables, plus ou moins facilement, parmi les ressources classiques, qui créent des engagements à charge de la société :

  • L’exploitant ou les actionnaires qui apportent de l’argent frais (ou des biens leur appartenant) à l’entreprise,
  • Les fournisseurs dès qu'ils font crédit (c’est un apport provisoire, mais un apport quand-même),
  • Les subventions remboursables,
  • Les crédits d’impôts
  • Les prêts accordés par des établissements de crédits

Dans un bilan, tout se tient. Des exemples d'interprétation pour bien finir : un appel massif à de nouvelles ressources externes, rendu obligatoire par une chute des bénéfices, est un cas bien différent d’un appel à ressources externes dans le contexte de bénéfices qui se tiennent mais avec le constat d’investissements important, efforts consenti dans une entreprise qui a le vent en poupe.

Cet article fait suite à « le bilan comptable, qu’est-ce donc ?» et « le compte de résultat, qu’est-ce donc ?»