La vie des entreprises est faite de hauts, comme de bas. Alors, comment adapter le pilotage de l'entreprise, en cas de trou d'air, en période d’euphorie, ou simplement « entre les deux » ?

La mortalité de nombre d’entreprises de moins de 5 ans trouve son origine dans des lacunes de gestion. La clé de la gestion d'entreprise réside dans l'anticipation; j'ai toujours entendu dire qu'un dirigeant devait avoir systématiquement "6 mois d'avance dans sa tête". Pour éviter de nourrir la statistique, acceptons d’envisager un scénario peu favorable :

Sur le terrain, reconnaître une contraction du marché ou une explosion de certaines charges n’est pas si évident. Pourquoi ce client qui nous fait vivre depuis des années ne signerait-il pas une fois de plus ? Et ce prospect, « chaud patate », comment pourrait-il s'échapper ? Quand à ce fournisseur, comment mesurer objectivement que sa qualité baisse pendant que ses prix augmentent, imperceptiblement ?

gérer-en-temps-de-crise

Comment un entrepreneur digne de ce nom peut-il admettre le risque que tout puisse aller de travers en même temps, sans miner le moral de ses troupes ?

Faisons une métaphore automobile : Quand le dérapage est inévitable, parce qu’il pleut, le pilote qui a réfléchi à des alternatives de réglage, selon les faits de course, aura plus de chance de rester sur la piste que celui qui n’aura pas cru possible un changement de météo.

Pour le dirigeant d’entreprise, les outils de pilotage stratégique, ce sont les prévisions budgétaires du contrôleur de gestion. Ma préconisation est ultra-classique : prendre du temps pour faire une fois par an un travail de réflexion aboutissant à plusieurs comptes de résultats prévisionnels :

  • Hypothèse haute : génial, l’entreprise surperforme
  • Hypothèse moyenne : ok, les produits et les charges permettent de marger normalement
  • Hypothèse basse : alerte, les ventes sont insuffisantes et/ou les charges excessives

Pendant l’année, chaque mois ou chaque trimestre, l'entrepreneur va comparer son arrêté comptable à ces budgets prévisionnels. Il s’agit d’un exercice pragmatique, basé sur des données comptables objectives. A la lecture de ces chiffres, le décideur devra pouvoir situer la performance de son entreprise par rapport aux hypothèses bâties en début d’année.

Seul cet exercice arithmétique et méthodique, permettra au dirigeant de réagir vite et bien, sur le terrain, aux variations des conditions d’exploitation de son entreprise.