La question se pose à tous les mandataires sociaux (gérants ou présidents de sociétés) : quel statut choisir pour eux-mêmes : se faire salarier par sa propre entreprise ou adopter un statut de travailleur non salarié et se rémunérer sur les bénéfices, via la distribution de dividendes?

Il n’y a pas de réponse collective à cette question et chacun devrait faire examiner sa situation individuelle par un spécialiste ou par un conseiller (CCI ou autre). La réponse ne sera pas la même selon l'âge la situation de famille et la carrière déjà accomplie au moment du choix.

Voici des pistes de réflexion, pour ceux qui envisageraient de passer d’un régime salarié à un régime TNS (travailleur non-salarié) ou vice-versa :

  • Si vous avez déjà beaucoup de trimestres validés comme salarié, il est peut-être mieux de finir une carrière complète sous ce statut.
  • Idem, si vous avez cotisé comme travailleur indépéndant pendant très longtemps, cotiser pour quelques années seulement comme salarié vous ouvrira peu de droits, à la retraite, notamment.
  • Du point de vue des charges à payer, les cotisations à verser comme non-salarié sont-elles réellement moindres que les charges salariales ET patronales appliquées à un (gros ?) salaire.

L’écart entre les charges payées par les TNS et celles qui grèvent les salaires s’est singulièrement réduit, ces dernières années. N'oubliez pas que, si vous êtes salarié par VOTRE entreprise, c'est vous qui payez, in fine, tant les charges patronales que celles à supporter par l'employé.

  • Serais-je capable gérer les relations avec les caisses des non-salariés (URSSAF, RSI, caisse de retraite), payer à temps, etc.
  • Si je choisis d’être salarié, il faudra établir un bulletin de salaire, chaque mois, et des déclarations périodiques. Peu de personnes s’en sortent efficacement sans l’aide d’un professionnel dont il faudra régler les honoraires.

Enfin, tordons le cou à cette idée, que j’entends trop souvent : « je me "mets" salarié, comme cela, en cas de coup dur, j’irai au Pôle Emploi ». Non! Le risque entrepreneurial n’est pas indemnisé par l’assurance chômage, dont le bénéfice est réservé aux « vrais salariés », ceux qui sont effectivement subordonnés. En contrepartie, il est évident qu’un dirigeant-salarié ne cotise pas au Pôle Emploi. En tant que dirigeant, mandataire social, vous assumez le risque de votre entreprise, même si vous êtes sous statut salarié. Les seuls entrepreneurs qui touchent parfois des indemnités de chômage sont les chômeurs-créateurs, qui continuent à percevoir des indemnités qui leurs sont dues suite à leur vie de salarié précédente pendant l'amorçage de leur entreprise.

Pour aller plus loin : un excellent tableau de synthèse de l'APCE sur le régime social des dirigeants-20120216-Docus-Regime_social_du_dirigeant-Li...]